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MISTY COPELAND : La danseuse qui bouscule les codes du Ballet

Véritable discipline de vie, où l’on doit forger ce corps d’athlète tout en cultivant l’esthétisme, voilà en quoi consiste, entre autre, le travail de danseur. Un seul objectif : la recherche du geste parfait tout en camouflant l’effort. Nous sommes en perpétuel remise en question, que ce soit moral ou physique, « Tu peux toujours mieux faire » me répétait mon professeur lorsque je suis rentrée dans mon école professionnelle de danse classique. 

 

"l’importance d’être blanc"

 

Devenir ballerine implique certains codes archaïques et élitistes qui ne devraient plus avoir lieu d’être au 21ème siècle, tels que l’importance de débuter sa carrière très jeune, être dans la meilleure école de préparation dès le plus jeune âge mais aussi l’importance d’être blanc et d’avoir un corps d’enfant, peu développé. En effet les sélections sont basées sur des critères de poids, de taille, de souplesse et de coordination.
 

 

"bousculé tous les clichés"
 

Misty Copeland devient la première danseuse étoile noire de l’American Ballet Théâtre en 2015. Cette jeune battante a bousculé tous les clichés pour danser comme elle l’entend. Elle a rendu ce monde élitiste enfin accessible pour tous ceux qui veulent aller au bout de leur passion.
Pourtant rien ne la prédestinait à devenir une danseuse étoile.
Le contexte familial de Misty Copeland n’est pas celui des ballerines en général. Issue d’un milieu très modeste, elle est élevée par sa mère qui devra cumuler les emplois pour subvenir aux besoins de sa famille.

Cependant dans ce monde il existe malheureusement des préjugés que peu de choses peuvent écarter, même pas l’argent.

Comment ? En répétant que le ballet n’est pas fait pour une personne à la musculature trop développée, à la poitrine trop proéminente, soi-disant trop grosse ou encore pas assez résistant physiquement. Pendant un temps, Misty a connu comme beaucoup d’autres danseuses, des troubles alimentaires, pour se conformer et ressembler à une « vraie » danseuse classique.

"Dans la troupe, au milieu des filles androgynes, mon corps faisait tache." écrit Misty. Tout est inhabituel chez elle, même sa silhouette, 1,57 mètre de muscles saillants. A 19 ans, elle se découvre des formes, des seins, des fesses. Un drame pour une danseuse. Elle mettra un an à étirer sa silhouette, qui ressemble aujourd'hui à celle d'une athlète.


En dépit de ces préjugés, Misty Copeland a commencé sa formation de danseuse classique à 13 ans. Deux ans plus tard, elle remportait la première place d’un concours prestigieux, le Music Center Spotlight Awards.

 

"Le ballet doit s'ouvrir aux familles défavorisées"


La ballerine connait aujourd’hui une forte influence et compte l’utiliser pour permettre à d’autres filles comme elle de s’accomplir et de croire en leurs capacités. Elle est la créatrice d’un projet appelé « Project Plié » Ce programme a suscité immédiatement l'enthousiasme des médias alors qu'il est à peine en train d'éclore. Le but est de former des professeurs de danse qui enseigneront ensuite dans les boys & girls clubs (des centres aérés qui accompagnent les enfants après l'école) à travers les Etats-Unis.

 


Les cours sont gratuits et sortent la danse classique de son cadre élitiste. "Une paire de chaussons coûte 70 dollars et il faut commencer à s'entraîner très jeune. Le ballet doit s'ouvrir aux familles défavorisées, qui n'ont pas accès à la culture", note-t-elle.

 

Elle a également publié un livre sur son parcours « Life In Motion » et tourné dans un spot publicitaire puissant « I Will What I Want » (« J’accomplis ce que je veux) pour la marque « Under Armour ». Elle souhaite attirer l’attention sur le manque de diversité à tous niveaux dans les troupes de ballet.


Misty Copeland ne compte pas s’en arrêter là, notamment avec les différents projets qu’elle mène pour donner les moyens aux jeunes Américains de s’accomplir. Son parcours est riche et il met en lumière que lutter pour exercer sa passion librement, sans blanchir sa peau, sans maigrir plus que de raison, reste encore très difficile en 2017. En prendre conscience, c’est bien. Mais l’heure n’est plus au constat, il est nécessaire que le processus rentre dans les esprits.

 

 

Caroline D.

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