NÉODEMOS

Entre fumis et chaos : les pérégrinations d'un photographe au milieu des gilets jaunes

Nous avons rencontré Eliott à la terrasse du King Arthur rue Mercière à Lyon afin qu'il nous parle de ses photos, de son histoire et de sa vision des choses. La première question qu'on lui aura posé, aussi peu originale soit-elle, concernait son rapport à la photographie.

 

 

 

"Tu t'y es mis quand et pourquoi ?" 

 

Il nous expliqua s'être mis à la photo il y a quelques années. De retour d'un voyage en Asie, suivant son père qui était en déplacement professionnel, il acheta à l'aéroport son premier appareil photo. Un coup de tête, un hasard, toujours est-il qu'il avait désormais un objectif entre les mains.

 

 

Cet achat fut-il poussé par un désir de création artistique, de partage ? Et bien non, l'histoire est plus humaine et amusante. Cet achat arriva à un moment relativement festif de la vie d'Eliott, de ceux pendant lesquels la mémoire prend un sacré coup, une période de plaisirs instantanés ne laissant aucune place aux souvenirs. C'est donc pour se rappeler de ses soirées qu'il se mis dans un premier temps à la photo.

 

 

"Et après tu t'es mis à rechercher quelque chose en plus, on voit dans l'évolution de ta photo un délire un peu chaotique non ?" constatant beaucoup de rouge, de couleurs sombres dans la suite de ses photos.

 

Il me confirma cela, son délire, le chaos, l'apocalypse, bien ancré dans la vaporwave et avec un gros kiff pour le pixelsorting. Cet art de démonter ta photos à grand coup de photoshop. Un truc de bourrin capable de sublimer une image.

 

 

Je lui demandais donc si c'était cette recherche du chaos qui l'avait poussé à aller capturer en images les manifs gilets jaunes, ou bien par conviction politique ?

 

Encore une fois, ce n'était rien de cela. Au départ, il voulait flasher les manifs lycéennes avec un pote de son école, simplement pour voir si il y avait une réelle conviction politique ou bien si c'était juste des jeunes ayant mal digéré du Marx ou Proudon tout en idolâtrant aussi bien le Che que la pomme de cette marque de smartphone connue et reconnue pour ses valeurs sociales à la pointe de la filsdeputerie.

 

 

Le mouvement lycéen d'octobre fût secondé en novembre par l'apparition du mouvement gilets jaunes. Notre photographe fût naturellement embarqué dans ces manifs. Sans être pro ou contre, c'est avec un oeil neutre qu'il allait photographier ces manifs.

 

Je remarquais alors une évolution dans ses photos, un regard plus insistant sur les forces de l'ordre. 

 

Il m'expliqua qu'en effet, bien qu'au départ il était rentré dans ces manifs par pure curiosité et hasard finalement, le constat des violences policières l'avait grandement interrogé. Ces scènes de charges et de matraquage gratuit lui avaient retourné l'estomac. Comment les forces de l'ordre pouvaient-elles s'en prendre aussi gratuitement à cette partie prolétaire de la France qui ne cherchait qu'à exprimer sa difficulté à vivre dans ce monde qui les précarise et les ostracise un peu plus chaque jour. C'est donc en images que nous vous laissons découvrir cela...
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Suivez Eliot sur instragam : https://www.instagram.com/bigliott/?hl=fr

 

contact : eliott.mdg@outlook.fr

 

Néodemos

 

(Pour suivre tous les articles et le projet Néodemos, abonnez-vous à notre newsletter)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Partager sur facebook
Please reload

Please reload

Les articles en lien

Please reload

Les dernières publications