NÉODEMOS

La chronique des textes éclatés #3 : "Madame la Nuit"



"Madame la Nuit"


On l'appelle perrache avec un P majuscule. Entre dans l'appartement, garçon, innocent de mes soleils nocturnes, tu sentiras l'odeur de l'angoisse de l'espoir fataliste de l'amour vomi d'une face marquée à une autre, tu sentiras la baise de la salle de bain et les matins questions, qu'allons nous faire après ? Entre mon doux n'aie pas peur, ici l'alcool coule à flots le jugement est hué, ici les gens sont scrutés analysés jusqu'à ce qu'ils prouvent qu'ils ne méritent pas de l'être. Mon doux, mon tendre, si je t'emmène ici c'est parce que je t'estime un peu, les murs gribouillés me rassurent la baignoire me cajole, j'y ai dormi je la salue quand je m'isole. Perrache on en a fait une institution mon beau, combien d'histoires d'amour ont commencé et fini ici, combien de faces déchirées de visages embrassés se tirent la bourre dans le froid des nuits lyonnaises ? Et je suis rassurée par la puanteur, doudou adulte de mes préoccupations triviales. Perrache c'est le meilleur moment endroit pour blackouter perdre connaissance tout lâcher, laisse-toi aller dans ses bras connaisseurs. L'amour suinte sur le crépi blanc cassé.


Nelson, artiste semi-anonyme


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