NÉODEMOS

« Je deviens vieille » par cyrielle teyssier

cyrielle teyssier, 28 ans, a grandi en Ardèche et vit aujourd’hui à Lyon.

Elle passe 3 ans aux Beaux-Arts associé à 3 années d’études dans le domaine des sciences sociales et humaines appliquées aux milieux culturels et artistiques.

Durant ses études, elle aura l’occasion de participer à des workshops avec des artistes aux pratiques pluridisciplinaires, et aujourd’hui plus que jamais, dans le cadre de son travail, elle collabore avec des artistes provenant de divers milieux.

Sa pratique artistique prend un tournant déterminant lors d’expérimentations avec son amie Êve Gauthier, agissant comme une muse, qui contribue grandement à la construction de son identité artistique. En parallèle, elle participe à des concours, comme le concours de l’étudiant en 2016 dont elle sort lauréate. Elle expose dans le cadre du concours « À Pied d’œuvre » en 2018. Elle obtient une publication dans le renommée magazine FisheEye en 2019.

Les influences et inspirations de cyrielle teyssier s’articulent autour des mouvements Fluxus et Surréaliste mais aussi d’artistes aux identités artistiques multiples comme Patti Smith et Robert Mapplethorpe.

Les relations entre les gens, qu’ils soient de son cercle proche ou non, constituent un terreau fertile à sa création. Elle observe et les cueillent quand ils n’ont plus conscience d’eux-mêmes face à l’autre. Elle aborde tout son travail ainsi, en observant les relations aux choses, aux gens, aux lumières, aux objets, et comment construire une histoire relationnelle entre ces éléments.

Pour ce qui est de sa technique, elle utilise principalement la photographie argentique et aime cette technique pour le grain, pour l’aspect organique que la technique impose. Il lui arrive aussi d’utiliser d’autres techniques comme son téléphone portable ou un bon vieux boitier reflex numérique, l’outil n’est pas une fin en soi. Elle aime que l’outil soit épuré pour aller à l’essentiel, pour laisser principalement la place à l’instant présent, à l’idée, à la création.

L'expo :

"Je deviens vieille"

Travail photographique réalisé entre 2013 et 2019

Note d'intention

Elle m’a dit : « tu sais, ça y est, je deviens vieille, je suis vieille » .

Comme un dernier aveu, celui qu’on lâche quand le corps à moins de volonté que l’esprit. Ce dernier aveu, ce dernier espace de lucidité sur le corps, qui agit presque comme une prison.

Elle m’a dit ça en se triturant les mains, la tête baissée, le regard dans le vague, assise sur sa chaise si confortable ; où les siestes ressemblent à l’éternité.

À entendre ces mots sortir de sa bouche, j’ai souri. J’ai souri pas pour me moquer d’elle mais parce que pour moi elle avait toujours été vieille.

Ce laps de temps où elle a semblé si vulnérable dans son aveu, je lui ai donné la main et l’ai regardé encore plus intensément, nos mains serrées l’une dans l’autre. Elle a alors levée la tête et nos regards ont plongés l’un dans l’autre, un instant.

Elle a ouvert une parenthèse sous confessions. Elle me l’a présenté, j’ai écouté et elle a écouté le silence.

Puis la parenthèse sous confessions s’est refermée.

Nos regards se sont liés, nos mains se sont liées, son aveu est bien gardé dans l’espace de mon intimité.

Voir l'ensemble du musée virtuel et ses nombreuses expositions

sans titre - OFFRIR 1- 2015

sans titre - OFFRIR 2 - 2019

sans titre - PRESENTER 1 - 2019

sans titre - PRESENTER 2 - 2013

sans titre - FERMER 1 - 2013

sans titre - FERMER 2 - 2019

Note explicative

« Je deviens vieille » - Série de 6 photographies couleurs prises avec différents appareils

argentiques entre 2013 et 2019.

Cette série de 6 photographies raconte une partie de la relation avec ma grand-mère maternelle, Pierrette âgée aujourd’hui de 93 ans. Ce travail raconte une relation immatérielle, elle est un témoignage, une bribe, un instant de vie. Comme une fleur qui éclos, vie, flétrie et se fane complétement. C’est la transmission qui jalonne cette série de part en part, elle est traversée par d’autres thèmes : la vieillesse, l’intimité, les fleurs. La vieillesse, témoignage de la nécessité de garder et de faire vivre la mémoire des grands, des aïeuls. Un hommage à une vie passée, à un matrimoine vécu et à l’assurance, pour celle qui se livre, que toute sa vie ne tombera pas dans l’oubli. L’intimité, cet espace si petit où de lourds rideaux sont souvent tirés. Ce thème parle de l’importance de rendre quelques espaces d’intimité visible, pour soi : oui. Mais aussi pour les autres, parce que ça rassure de voir qu’on n’est pas seul à penser, vivre et parfois accumuler certaines choses, ça permet de libérer la parole. Enfin les fleurs... c’est un regard vers le passé pour moi. Elles parlent de mon enfance, de la transmission surtout, ce savoir comme un écrin qu’on te donne au creux des mains. Elles ont toujours fait partie de ma vie, et son intrinsèquement lié à ma grand-mère. « Je deviens vieille » se compose de 6 photographies articulés en 3 parties. OFFRIR - 2 photographies Elle raconte l’ouverture de la confession, le moment où il y a un basculement imminent vers quelque chose d’intime, on ne sait pas encore quoi, on sait seulement que ça va être terrible d’offrir cette parcelle de soi. PRESENTER - 2 photographies Cette partie témoigne de l’instant de la confession, les mots sont lâchés comme une inévitable vérité. La lumière se fait le reflet d’un aveu difficile à admettre. Elle apparaît finalement comme un cadeau pour l’autre, cette confession. FERMER - 2 photographies La parenthèse peut se refermer. Douleur, soulagement, échange au coeur de l’intime. La lucidité fait place, elle accepte et passe à autre chose. Moi, je garde ça comme un écrin, comme une fleur précieuse qu’il faudra protéger.

Contact :

Site web

instragram

Les dernières publications

Le projet Néodemos, qu'est-ce-que c'est ?